mercredi 21 septembre 2016

Les anémones d'automne sont capables de pousser dans l'herbe

Il y a deux ans, j'ai arraché quelques racines d'anémones japonaises dans un massif où elles devenaient trop imposantes. Pour ne pas jeter, je les ai installées dans l'herbe sous les pommiers du verge ( la bêche enfoncée à la verticale, et hop, le trou est juste assez grand pour glisser un ou deux morceaux de racines!) . Quasiment insensibles l'année dernière, elles ont été splendides cet été et continuent de fleurir. La sécheresse ne les a pas arrêtées, probablement parce que l'enchevêtrement de grandes herbes ( en partie sèches )et d'autres plantes  à cet endroit produit un milieux qui reste frais en permanence au niveau du sol.




lundi 12 septembre 2016

Moi, Président ?

Moi président !
Drôle d'expérience ce week-end !  J'ai été invité par la Mairie d'Orléans, en la personne de Aude de Quatrebarbes à présider le 58e concours de roses au sein du jardin botanique.
Tout président doit savoir improviser un discours... 

Moi président ? Pour des roses ? Je n'ai pas un amour immodéré pour les ROSES ( vous savez, les plantes juste illustrées par un gros plan de fleurs sur les catalogues). Si les fleurs sont souvent très belles, la plante l'est toujours beaucoup moins, demandant des tonnes de soins particuliers. Ce sont des fleurs diaboliques qui envoûtent et asservissent les jardiniers, les éloignant de la générosité de la nature pour les enfermer dans une logique infernale qui les entraîne à travailler sans relâche ou à utiliser des produits phytosanitaires pour produire de fleurs "de rêve" au détriment de l'environnement  naturel du jardin.  Je leur préfère nettement  et axe mes recherches sur les bons ROSIERS, c'est-à-dire  ceux qui se comportent comme de vrais arbustes au jardin, avec une floraison attrayante, un feuillage sain, des couleurs d'automne et des fruits, le must pour moi étant un comportement drageonnant, ce qui lui permet vraiment de se naturaliser.  Mais je conçois que beaucoup les aiment et veuillent les cultiver. Ce sont les mêmes qui me demandent des tas de conseils pour combattre les maladies ou comment tailler leurs protégées...

Celui-là était pas mal, sympa, bas, avec un feuillage sain...
mais il n'a pas été retenu !

Un discours , donc ?  Oui... Improvisé ! J'en profite donc pour apporter cette nuance rose-rosier et remarque instantanément les grimaces de certains obtenteurs et rosiculteurs présents dans l'assemblée. Je ne vais pas renier mes convictions parce que je suis derrière le micro :  j'ose un avis franc et me permet de conseiller les chercheurs concernés par cette fleur "préférée des français" de s'adapter à l'évolution du monde du jardin  pour orienter leurs sélections un peu plus vers les rosiers et un peu moins vers le roses..; sauf bien évidemment dans le domaine de la fleur coupée... Quelques amateurs approuvent.. mais toujours des regards éberlués..... Je conclue en recommandant une grande fermeté et sévérité pour juger des qualités de la cinquantaine de rosiers présentés. Il ne doit émerger que les meilleurs, notre rôle étant de guider le choix des amateurs...
Inclus dans l'un des jurys piloté par Francia Thauvin avec qui je m'entends tout de suite très bien, en compagnie de Pierre Nessman qui apporte son regard de paysagiste, ainsi que d'un entrepreneur paysagiste qui juge vite le côté "pratique" des rosiers, nous appliquons à la lettre cette recommandation que visiblement nous partageons.
Le système de notations distingue :
-la végétation du rosier
-la qualité de la fleur (forme, couleur, nombre de fleurs,  remontance)
-le parfum

 Ayant lieu en septembre, ce concours remarque particulièrement les rosiers remontant et plusieurs variétés sont immédiatement descendues car dépourvues de fleurs. Les rosiers sont en fin de 2e année de culture . Ils ont déjà été notés l'an dernier ce qui assure une certaine "vision" de la qualité la végétation. Ils ont été peu traités, mais on note quand même des traces bleues de bouillie bordelaise. 

La plantation par 5 par carré d'un mètre de côté ne favorise pas l'épanouissement naturel des rosiers et surtout pas l'arcure des branches des plus vigoureux. Par ailleurs la taille plutôt sévère , type "roses à massifs" encourage une végétation raide qui convient aux traditionnels rosiers "polyantas" ou "floribundas", mais pas vraiment à ceux dotés d'une végétation arbustive. 

1 seul rosier trouve grâce à mes yeux (!!)  1 sur 50 semble posséder les qualités elle caractère d'un rosier "naturel". Fleurs simples en bouquet à l'extrémité de longues tiges raides ('dues à la taille sévère), ambres en bouton, puis jaune doux, qui pâlit progressivement pour devenir crème presque blanc... On pourrait le qualifier de "Ghislaine de Féligonde" simple. Le feuillage aussi est beau, sain, clair et mat. Parfait pour un arbuste.  (c'était le N° 30)

Pour les autres ? Oui, deux ou trois sympas, mais à mon avis (je n'engage que moi!!!) pas différents de ce que l'on connait déjà depuis longtemps. J'ai l'impression de reconnaître 'Mme A. Meilland', 'La Sevillana' ou 'Rose Gaujard' et 'Sylvie Vartan'... Bref : retour aux année 70... Tendance très "Vintage" !!! Je crois rêver ! Où sont les innovations ?  Est-ce la le reflet de ce que l'on va trouver sur les catalogues prochainement ? Bof, bof, bof...
Pas vilain, mais pas très original, non ? 

Vous voulez du flashy ? Envoi là ! 

Après une heure trente de jugement, on rend la copie et c'est l'heure des comptes. Les chiffres vont parler...
ET ils parlent : A 19h, j'ai  la primeurs des résultats.... (privilège du président !). Ils sont serrés ! A bon ? Ouf, mon chouchou est là... mais il est surpassé par d'autres ... quoi ? On a trouvé mieux ?
Oui ! et notamment le 1er rosier qui se voit attribuer le prix de la ville d'Orléans ( aucun n' attente la somme qui lui permet d'être qualifiée de "rose d'Or"). Bon !. 4/100e le séparent seulement du "mien", mais bon... Il ressemble comme deux gouttes d'eau aux rosiers stars des années 70 ! Certes, il a une belle végétation, régulière, saine ( en apparence), et de nombreuses fleurs en bouquets d'un rouge cardinal un peu foncé... Bof, bof, bof...
Donc pas d'innovation. Je le déplore. Les rosiers français n'évoluent donc pas ? Le prix du public le confirme : un bon rosier classique à fleur crème rosé, solitaire au sommet d'une tige si raide qu'elle semble avoir englobé un tuteur.. Je m'incline, le public a décidé...
Ça ressemble beaucoup aux roses anglaises d'Austin ? Non ? 

Je dois relativiser. J'ai l'habitude des jurys ( Mérites de Courson/Chantilly, La Feuillerie (B), Bingerden (NL)), et je sais que l'avis personnel compte peu. Je réalise que ce que j'ai vu ici de l'avenir des rosiers français est plutôt rétrograde ou de culture conservatrice. Certes, tous les hybrideurs ne soumettent pas leurs rosiers ici, certes, ce n'est qu'un concours parmi tous les autres, mais les roses primées auront le label "primé à Orléans"...
Je n'ai pas de doutes sur la ferveur et la passion des obtenteurs. J'ai diné aux côtés de Michel Adam, triple lauréat,  qui est un érudit et passionné des roses , un pépiniériste très talentueux comme il n'en n'existe plus beaucoup. J'ai rencontré beaucoup d'héritiers de lignées de grandes pépinières ( enfin ceux qui on daigné me parler...) et je sais qu'ils engagent tous des moyens importants pour la recherche de nouvelles variétés. Mais a trop hybrider les hybrides, on n'innove plus. En utilisant les ressources très vastes offertes par le monde des rosiers "botaniques", il y aurait vraiment matière à innover. Oubliez la mythique rose bleue, mais cherchez plutôt un rosier à feuilles bleus, à feuilles pourpres ou abricot ? Un rosiers à fruits jaunes ? Un rosier qui fleurit au long des branches souples comme un weigela, un rosier qu'on ne taille pas... Un rosier qu'on ne greffe pas, un rosier qui supporte le terres très humides, un autre qui pousse dans le cailloux et fleurit sans arrosage... Des espèces sont adaptées à ces conditions extrêmes. Il suffit de les "améliorer"...
Intéressantes, les étamines rouges, mais pas assez florifère ce rosier... Une bonne piste quand même ? 

A quoi bon aujourd'hui diffuser des roses "Nouvelles" qui n'ont de nouveau que leur nom ? Le problème n'est hélas pas circonscrit aux roses. Il est identique chez les hémérocalles, les pivoines, les iris , ou encercles rhododendrons, les érables japonais ou les hydrangéas...
Alors , moi président, j'aimerais des diplômes pour des roses que je ne cultiverai jamais de ma vie, que je n'aurais sûrement pas sélectionné. Mais moi président, j'ai respecté les goûts et les opinions qui n'étaient pas les miens.
 Après tout, tous les goûts sont dans la nature et donc, dans nos jardins...

Merci à mon épouse qui a pris toutes ces photos.
Vous trouverez le compte-rendu détaillé, toutes les roses présentées et les heureuses élues sur l'excellent blog de Patrick Laforêt : http://jardinoscope.canalblog.com/archives/2016/09/11/34307239.html

mercredi 24 août 2016

Faux le faire ?

Le dernier numéro (septembre) du très british magazine Gardens illustrated fait l'apologie du fauchage, du VRAI fauchage à la faux!




Les anglais en seraient RE-devenus de vrais adeptes de cette pratique après les images sublimes d'une série télé POLDARK,




où l'on voit  des images jugées sublimes de l'acteur Aidan Turner torse nu et transpirant en train de faucher sa prairie... Beaucoup de spectateurs jugent cette séquence très sexy, (mais ça je ne  peut en témoigner... au point qu'elle a été élue "meilleure séquence de la télé britannique en 2015." par les auditeurs de Radio Times.





Et vous ? Etes vous prêts à oublier votre bonne grosse débroussailleuse bruyante et polluante, qui consomme des litres d'huile et de carburant pour retrouver le bruit régulier de l'herbe coupée dans la fraîcheur humide par une lame finement affûtée au petit matin ? 

Pour moi c'est oui, depuis longtemps. Même si je n'ai pas le physique de cet acteur britannique, (et je n'ai donc pas de photos à vous montrer !) j'adore faucher au petit matin... Je trouve la démarche bien plus respectueuse des herbes et des animaux qui y vivent et qui ont largement le temps de s'éloigner alors qu'ils sont désespérement broyés par la tondeuse...Et puis, c'est silencieux... ça ne coûte rien...  et ça donne l'illusion d'être ailleurs, dans un autre temps.  

Les premiers mouvements sont rarement très efficaces, mais on apprend facilement en recherchant le plus juste, celui qui fatigue le moins et qui permet de couper le plus facilement. 

C'est en fauchant que l'on devient un bon faucheur... alors,   n'attendez pas, exercez-vous avant que ça ne re-devienne aussi la mode chez nous ! 


mercredi 17 août 2016

Taxus: rajeunir une haie.

Les ifs (Taxus baccata) sont les seuls conifères de haie que l'on peut rajeunir drastiquement. Pas de demi-mesure : on coupe toutes les branches latérales au niveau du tronc sur UN CÖTE de la haie à la fois. Cela met deux à trois ans pour repousser, après quoi, on peut faire de même de l'autre côté. Il est encore temps de le faire cette année, sinon, mieux vaux attendre avril pour opérer...


jeudi 23 juin 2016

Sedum: pincez-les !

Pincer = couper l'extrémité des tiges permet d'obtenir des touffes très compactes
qui ne s'effondreront pas lors de la floraison en automne. Plusieurs bourgeons repoussent à l'endroit de chaque coupe. 

lundi 6 juin 2016

Tailler des arbustes à feuillage coloré les rend plus décoratifs

Témoin ce Berberis thunbergii 'Silver Beauty' taillé en boule qui présente des repousses d'une formidable couleur.  Cela ouvre de belles perspectives pour des nouvelles topiaires plus "fun"... (Photo ©Willery Jardin de M. et Mme Brouart) 


mercredi 1 juin 2016